La prothèse et l'expandeur

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La reconstruction par prothèse est plus simple que les techniques de reconstruction mammaire autologues mais elle n'est pas toujours adaptée ni supportée par toutes les femmes. Elle ne nécessite pas de recourir à un site donneur d'une autre partie du corps. Elle permet de reconstruire le volume du sein en une seule fois en limitant les cicatrices uniquement sur le sein reconstruit.

Reconstruction mammaire par prothèse

Comment le sein est-il reconstruit avec une prothèse ?

La peau de votre sein est saine et en quantité suffisante

En reconstruction différée, le chirurgien utilise la cicatrise de mastectomie, il décolle généralement le muscle pectoral pour créer une loge et insérer la prothèse. 

En reconstruction immédiate, la glande mammaire est retirée puis le chirurgien procède ç l'implantation de la prothèse.

La peau de votre sein est trop mince ou elle n'est pas en quantité suffisante

Le chirurgien pose un expandeur, c'est une prothèse constituée d'une enveloppe de silicone dégonflée et d'une valve que l'on pose au cours d'une première intervention. Elle va ensuite être gonflée progressivement de sérum physiologique lors des consultations une fois par semaine jusqu'à ce que l'on obtienne le volume désiré. L'expandeur permet d'étirer le muscle grand pectoral et la peau.

Reconstruction mammaire par expandeur

A la fin de la période de gonflage, 3 à 4 mois plus tard, l'expandeur est remplacé par une prothèse définitive, soit par une reconstruction par lambeau. Dans ce dernier cas, l'utilisation de l'expandeur aura permis de conserver l'étui cutané lors de la mastectomie dans l'attente de la programmation de la reconstruction mammaire par lambeau. Il est quand même nécessaire que la qualité de la peau soit bonne pour utiliser ce procédé.

Plusieurs techniques complémentaires permettent de limiter les risques liés aux implants mammaires. Elles dépendent des habitudes de chaque chirurgien.

Association d'une prothèse à un lambeau de grand dorsal

Reconstruction par grand dorsal associé à une prothèse

La technique est identique à celle du grand dorsal autologue mais le volume est assuré par la prothèse qui sera recouverte par le muscle grand dorsal. Ce type de reconstruction permet d'obtenir le volume souhaité en une seule fois contrairement au grand dorsal autologue. Mais il combine les inconvénients à la fois de la prothèse et du grand dorsal.

Association d'une prothèse à une greffe de cellules adipocytaires (lipofilling)

Le chirurgien utilise les injections de cellules graisseuses avant la pose de l'implant pour assouplir la peau et augmenter l'épaisseur des tissus. Après la pose de la prothèse, l'utilisation du lipofilling permet de dissimuler les contours de la prothèse.

Association de la prothèse avec un lambeau d'avancement abdominal*

En reconstruction différée, il permet d'apporter la peau manquante et de créer le sillon sous-mammaire.

*Lambeau d'avancement abdominal (LAA) : Consulter les explications

Association d'une prothèse à une matrice acellulaire

La matrice acellulaire est un tissu synthétique ou d'origine animale qui recouvre la prothèse dans sa partie inférieure non couverte par le muscle pectoral. Cette matrice est ensuite colonisée par vos propres cellules. La matrice acellulaire est utilisée quelquefois pour envelopper la prothèse lorsque le chirurgien l'implante sous la peau et non derrière le muscle pectoral. Ce procédé est particulièrement utile dans les reconstructions immédiates bilatérales prophylactiques (reconstruction des 2 seins en prévention d'un cancer du sein).

Reconstruction immédiate par prothèse robot-assistée

Actuellement utilisée dans le cadre d'un protocole de recherche, cette technique permet de pratiquer la mastectomie en conservant l'aréole et le mamelon et de faire la reconstruction immédiate par prothèse. Elle ne laisse qu'une cicatrice de quelques centimètres sous le bas. Elle est réservée à des indications restreintes et pour le moment n'est autorisée à être pratiquée que par l'équipe en charge de l'étude pour sur un nombre de femmes limité.

 

Pour quelle raison le chirurgien me propose une reconstruction par prothèse ?

La reconstruction mammaire par prothèse est la plus répandue des reconstructions mammaires, elle est simple et permet de programmer des reconstructions immédiates rapidement car l'intervention est plus courte que les autres interventions de reconstruction mammaire.

Elle est pratiquée par beaucoup de chirurgiens non issus de la formation des chirurgiens plasticiens (chirurgie viscérale, chirurgie gynécologique)

Votre chirurgien vous propose une reconstruction par prothèse parce que vous ne pouvez pas accepter des cicatrices supplémentaires.

 

Quels sont les avantages de la prothèse ?

- L'intervention est simple et courte

- L'hospitalisation est plus courte que pour les techniques de reconstruction autologues

- Vous n'aurez pas de cicatrices ailleurs que sur le sein

- La convalescence est Ă©galement plus courte

 

Quels sont les inconvénients de la prothèse ?

- Le sein ne bouge pas et est plus ferme qu'un sein naturel

- En position allongée, le sein ne s'étale pas comme le sein naturel

- Le sein ne suit pas les variations de poids

- La prothèse a une durée de vie limitée

- Il faut parfois la changer avant la date limite du fait de la survenue d'effets indésirables

- Si de la radiothérapie a été faite ou doit être faite, le risque de coque (formation de tissus durs autour de la prothèse) est très important

 

Peut-il y avoir des complications ?

Comme pour toute intervention chirurgicale, des complications sont possibles :

- Infection nécessitant de retirer la prothèse

- Accumulation de liquide autour du sein reconstruit (sérome)

- Problème de cicatrisation

- Déplacement de la prothèse

- Rupture de la prothèse

- Apparition de vagues ou de plis sur la peau du sein

- Formation de tissus durs (coque) autour de la prothèse pouvant déformer le sein ou le rendre douloureux

- Risque de lymphome anaplasique à grandes cellules lié à l'implantation d'une prothèse texturée

- Certaines femmes porteuses de prothèses se plaignent de nombreux troubles qui proviendraient d'une réaction inflammatoire de l'organisme appelé Syndrome ASIA**

**Syndrome ASIA : Syndrome Inflammatoire Auto-Immum Induit par des Adjuvants, le silicone fait partie de ces adjuvants

 

Informations sur l'intervention et ses suites opératoires

Anesthésie

Anesthésie générale

Durée de l'intervention

Environ 2 h

Drains

Ces tubes sont placés dans la plaie au cours de l'intervention, ils sortent de votre corps et sont maintenus par un point de suture. Ils empêchent le liquide de s'accumuler dans la plaie. Ils sont retirés en consultation post-opératoire

Douleur

La pose d'une prothèse du fait du décollement du muscle pectoral est relativement douloureuse pendant quelques jours. Les séances de remplissage de la prothèse d'expansion sont également douloureuse

Port de vĂŞtements de contention

Port d'un soutien-gorge prescrit par votre chirurgien jour et nuit les 3 premières semaines puis de jour pour les 3 autres semaines

Hospitalisation

1 Ă  2 jours

Soins infirmiers

Généralement 15 jours (pansements et traitement anti-thrombose)

Convalescence

4 Ă  6 semaines

Reprise du sport

En moyenne 6 semaines après l'intervention après accord du chirurgien

 

Informations complémentaires à lire absolument si vous envisagez une reconstruction mammaire par prothèse

- Une carte d'identification de la prothèse implantée doit vous être remise, vous devrez la conserver pendant toute la durée de vie de l'implant

- Une fiche d'information sur la prothèse en cas de reconstruction mammaire doit vous être remise.

- L'actualité des dispositifs médicaux et notamment des prothèses et des décisions les concernant est disponible sur le site de l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des produits de santé)

- Interdiction par l'ANSM de l'utilisation et la commercialisation des prothèses mammaires macrotexturées et à enveloppe en polyuréthane  à compter du 5 avril 2019.

Lire la décision

- L'intégrité des prothèses doit être surveillée par échographie ou idéalement par IRM tous les ans. Il est courant de les changer tous les 10 ans. Parfois, elles peuvent être conservées plus longtemps

Fiche d'information destinée aux femmes avant la pose d'une prothèse en reconstruction mammaire

Les implants mammaires sont des dispositifs médicaux de classe III, cela signifie qu'ils doivent faire l'objet d'une surveillance renforcée par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Vous pouvez déclarer aux autorités sanitaires tout évènement indésirable sur le site : signalement-sante.gouv.fr

 

Questions-réponses sur les risques liés aux prothèses texturées pour les femmes qui en sont porteuses

Pour les femmes qui ont été implantées avec ce type d'implant, que faire ?

Nous vous recommandons de prendre contact avec le chirurgien qui vous a opéré ou à contacter l'établissement ou vous avez été opérée.

Lire l'interview du Professeur Laurent LANTIERI du 19/12/2018 sur franceinfo

Extrait ; " Quels conseils donnez-vous aux femmes qui portent ces prothèses ?

Il faut être rassurant. La plupart des patientes n'auront pas de problèmes. Il faut aller voir le chirurgien. S'il y a un problème, une modification d'aspect, ou si par une IRM, on voit qu'il y a une anomalie, il faut enlever la prothèse et tout ce qu'il y a autour, la réaction inflammatoire autour de la prothèse, car c'est là que se situe le problème. Le lymphome anaplasique se guérit chirurgicalement. Lorsqu'on opère précocement, et qu'on a enlevé toute la capsule et tout le lymphome, il n'y a pas besoin de traitement complémentaire. Par contre si on ne le fait pas et qu'on laisse évoluer, cela peut être dramatique."

Qu'est-ce que le lymphome anaplasique lié aux prothèses mammaires ?

L'association France Lymphome Espoir a réalisé une vidéo sur le sujet : explications du Professeur Corine HAIOUN, hématologue à l'Höpital Henri Mondor (APHP) à Créteil

 

RĂ©dacteur : Association R.S. DIEP

Illustrations médicales : Eleonore LAMOGLIA pour R.S. DIEP sous la direction du Dr Vincent HUNSINGER, chirurgien plasticien

Source : La reconstruction mammaire, parlons-en ! - Rédaction Christine DEGLAND (2019) - Relecture et corrections Professeur Laurent LANTIERI, chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l'HEGP à Paris (AP-HP)

Mise en garde

L’utilisateur ne doit en aucun cas utiliser les informations diffusées via le site www.diep-asso.fr pour établir un diagnostic ou déterminer un traitement, et doit consulter les professionnels de santé compétents en charge de son suivi et de sa prise en charge avant toute décision médicale. Les informations diffusées sur le site www.diep-asso.fr sont strictement générales et indicatives. L’association R.S. DIEP met tous les moyens en œuvre pour les actualiser régulièrement. A ce titre, compte-tenu de l’évolution des connaissances scientifiques et médicales, des progrès de l’actualité médicale, les utilisateurs du site www.diep-asso.fr sont informés du fait que les informations qui leur sont proposées, ne sont ni complètes, ni exhaustives et peuvent ne pas être immédiatement et systématiquement actualisées. Les dessins du site qui illustrent les techniques de reconstruction mammaire ont pour but de permettre une meilleure compréhension des explications données. Elles ne permettent pas de déterminer exactement l’emplacement des cicatrices, l’utilisateur du site doit s’en remettre aux informations personnalisées délivrées par le chirurgien.

Mise Ă  jour : Juin 2020